Cuisinier de métier et photographe animalier de cœur, Philippe Bolle a promené son téléobjectif du Kenya à l'Antarctique avant de tomber amoureux du Grand Nord. Au fil de quatre expéditions au Svalbard, il a documenté la vie des ours polaires — et, sans l'avoir cherché, les ravages du réchauffement climatique.
De cette expérience bouleversante est né un livre-témoignage, qu'il raconte ici, image après image.
Philippe Bolle, les ours du Svalbard, témoins du réchauffement
Du fourneau à l’affût
Philippe Bolle a d’abord appris la pâtisserie et la cuisine — son métier de toute une vie. Mais la photographie, héritée d’un père « excellent photographe » aux côtés duquel il développait des images au labo, ne l’a jamais quitté. Après trois années d’études de photographie sanctionnées par un diplôme, il travaille un temps comme premier assistant, dans les années 1970 ; mais les salaires le ramènent aux fourneaux, et il fera carrière dans la cuisine de collectivité, plus compatible avec une vie de famille. La photo, elle, reste une passion de tous les instants — il fréquentera les clubs photo de vingt-deux à plus de soixante-dix ans. Installé depuis peu en Charente-Maritime, il en arpente les marais, quand la canicule ne les a pas asséchés.
Le photographe animalier et ses grands voyages
De toutes les disciplines qu’il a pratiquées, c’est la photographie animalière qui le fait vibrer : « je me sens vraiment bien dans les bois », dit-il, lui qui aime l’attente patiente de l’affût, souvent en solitaire. Ses voyages l’ont mené au Kenya, en Ouganda — où il a vécu l’heure inoubliable passée auprès des gorilles des montagnes —, en Afrique du Sud, aux États-Unis, en Australie, jusqu’en Antarctique. Il en rapporte des souvenirs intenses, et quelques frayeurs : un grizzly à Yellowstone, une éléphante peu commode qui lui a appris à toujours se placer pour pouvoir reculer. Sa méthode : prendre le temps, déclencher au bon moment, puis « laisser décanter » les images plusieurs semaines avant de les regarder, pour juger sans se laisser emporter par l’émotion.
Le Svalbard, l’ours et le réchauffement
Après le Sud, Philippe Bolle s’est tourné vers le Nord — et a été conquis. De l’archipel du Svalbard, il a rapporté les images de quatre expéditions, en août 2014, juin et septembre 2015, puis mars 2016, pour saisir l’évolution des paysages et des animaux au fil des saisons. Le déclic fut douloureux : la photographie d’une ourse décharnée, à qui manquaient soixante-dix kilos, accompagnée de son petit — une image à rebours de celle qu’on se fait de l’ours blanc. « Je ne pouvais pas rester sur cette impression », confie-t-il. De ces séjours est né un livre, à la fois hommage à la beauté du Grand Nord et témoignage sur un réchauffement qui, aux pôles, se compte en dizaines de degrés : moins de neige, des montagnes qui noircissent, une machine qui s’emballe. Un ouvrage qu’il dédiait à sa mère — partie, hélas, avant de le voir imprimé.
Liens
Pour suivre Philippe Bolle :
À écouter aussi sur Photo Storia :
- Maxime Aliaga (épisode n°2)
- Denis Aubry (épisode n°7)
- Yves Vallier (épisode n°14)
- James Chevreuil (épisode n°26)
- Maurice Ascani (épisode n°27)
- Olivier Hannauer (épisode n°32)
- Adrien Lesaffre (épisode n°36)
- David Rouge (épisode n°40)
- Laurent Ballesta (épisode n°44)
Les références de l’épisode
- Livre sur le Svalbard (photographie animalière du Grand Nord ; ours polaires ; témoignage sur le réchauffement climatique) — titre exact à confirmer
- Expéditions au Svalbard : août 2014, juin 2015, septembre 2015, mars 2016
- Voyages : Kenya, Ouganda (gorilles des montagnes, bec-en-sabot), Afrique du Sud, États-Unis (Yellowstone), Australie, Antarctique
- Ancien pâtissier / cuisinier ; études de photographie (diplôme) ; clubs photo (de 22 à 70+ ans)
- Charente-Maritime (marais) ; auparavant région parisienne (Yvelines)
- Cluster animalier / nature : James Chevreuil (n°26), Yves Vallier (n°14), Denis Aubry (n°7), Maxime Aliaga (n°2) — → à mapper
- Cuisinier reconverti : Olivier Hannauer (n°32) — → à mapper
Au fil de l’épisode
- 00:01:38 — De la pâtisserie à la photographie
- 00:04:25 — La photo animalière, une vraie passion
- 00:05:32 — Le réchauffement, vu du Grand Nord
- 00:11:34 — La patience de l’affût
- 00:12:24 — Le Kenya, l’Ouganda et les gorilles
- 00:15:03 — Face au grizzly à Yellowstone
- 00:17:10 — L’éléphante d’Afrique du Sud
- 00:23:39 — La naissance du livre
- 00:25:26 — Le Svalbard au mois d’août
- 00:26:41 — La photo décisive
- 00:29:28 — L’ourse et ses deux petits
FAQ
Qui est Philippe Bolle ?
Un photographe animalier français installé en Charente-Maritime, cuisinier de métier et passionné de photographie depuis l’enfance. Il a photographié la faune sauvage sur plusieurs continents.
De quoi parle son livre sur le Svalbard ?
De la vie des ours polaires et de la beauté du Grand Nord, mais aussi du réchauffement climatique, particulièrement visible aux pôles. Il est le fruit de quatre expéditions menées à différentes saisons.
Comment travaille-t-il ?
En photographe animalier patient, souvent à l’affût et en solitaire. Il aime « laisser décanter » ses images plusieurs semaines avant de les sélectionner, pour juger sans être submergé par l’émotion.
Quels voyages a-t-il faits ?
Le Kenya, l’Ouganda (gorilles des montagnes), l’Afrique du Sud, les États-Unis (Yellowstone), l’Australie, l’Antarctique et, surtout, l’archipel du Svalbard.