James Chevreuil, les chevaux de Camargue, au ras des sabots
Biographie de James Chevreuil
James Chevreuil est un photographe de nature français, basé à Marseille. Ancien pharmacien ayant fait carrière en Afrique centrale, il se consacre à la photographie à la retraite. Adepte d’une approche qu’il qualifie de « reportage », sans mise en scène, il photographie la faune sur terre (affûts flottants, oiseaux d’eau, cerfs) comme sous l’eau (requins, baleines, éléphants de mer). Il a participé à de nombreux festivals (Montier-en-Der notamment) et publié dans des revues comme Géo, Chasseur d’images ou Subaqua. Il est l’auteur du livre autoédité « Les chevaux du vent », consacré aux chevaux de Camargue.
Du pharmacien globe-trotter au photographe de nature
Avant d’être photographe, James Chevreuil a été pharmacien — mais pas longtemps derrière un comptoir. Dès 1972, il part pour l’Afrique au service de grands laboratoires, vit à Cotonou puis à Douala, sillonne l’Afrique centrale jusqu’au fin fond de la brousse et finit directeur pour la région. La photo l’accompagne déjà, sans but précis — comme du temps où, jeune parachutiste, il s’attachait un appareil à la main pour se photographier en chute libre au-dessus des nuages. Après la pharmacie viendront encore les bijoux de turquoise du sud-ouest américain, avant que la retraite ne transforme enfin cette habitude en véritable passion. Sa définition de lui-même tient en un mot : « reportage ». Il n’intervient jamais, ne fait pas de studio ; il guette le bon moment, la bonne lumière, le bon angle.
Terre, mer et airs : une vie à guetter le vivant
Sur terre, il se cache dans des affûts flottants — ces toiles posées sur un engin qui dérive au milieu des étangs de la Dombes — pour partager la vie intime des oiseaux, comme cette belle série sur le héron pourpré, téléobjectif de 500 mm à l’appui. Sous l’eau, il s’est tourné vers les grands animaux : les requins de Floride, les baleines chanteuses des Tonga — « la queue en l’air, un mâle se met à chanter, c’est magique » — et surtout une rencontre inouïe en mer de Cortés, où un jeune éléphant de mer de six cents kilos l’a saisi par la taille pour une longue « danse » sous-marine. De ces voyages, il rapporte aussi un regard inquiet : à force de tourisme, l’homme finit par abîmer les plus beaux sites, comme cette baie à lamantins de Floride jadis sauvage.
Les chevaux du vent, au ras des sabots
Tout est parti d’une image d’un ami, Patrice Aguilar : cinq chevaux chargeant de face dans l’eau. James Chevreuil se met alors à suivre les manades de Camargue — plages désertes, marais, boue — pour photographier les chevaux au galop. Cinquante et une séances, quelque quinze mille kilomètres et cinq à six années plus tard, il en tire « Les chevaux du vent », quatre-vingt-seize pages structurées en séquences — lever du soleil, combat des étalons, plage, coucher de soleil. Pour saisir les chevaux au plus près du sol, il a même bricolé un boîtier grand angle protégé des giclures de sable, posé à ras des sabots. Refusé par les éditeurs, il assume l’autoédition et un tirage limité de deux cents exemplaires, avec une préface de Béranger Aubanel, héritier du marquis Folco de Baroncelli — l’homme de lettres qui, au début du XXe siècle, sauva la Camargue.
Liens
À écouter aussi sur Photo Storia :
- Maxime Aliaga (épisode n°2)
- John Briens (épisode n°5)
- Denis Aubry (épisode n°7)
- Yves Vallier (épisode n°14)
- François Sidot (épisode n°17)
Les références de l’épisode
- Livre « Les chevaux du vent » (chevaux de Camargue, autoédité, ~96 pages, tirage de 200)
- Album personnel « Écosse » (impression à la demande)
- Manades de Camargue, plage du Grand Radeau, Saintes-Maries-de-la-Mer ; course camarguaise (raseteurs)
- Préface de Béranger Aubanel (descendant du marquis Folco de Baroncelli) ; Pierre Aubanel, photographe († 2018)
- Patrice Aguilar (photographe de chevaux camarguais — déclic du projet)
- La Dombes (étangs), affûts flottants, héron pourpré, brame du cerf
- Photo sous-marine : baleines des Tonga, éléphant de mer (mer de Cortés, La Paz), requins (Floride), lamantins
- Festivals : Montier-en-Der, Festival de la Somme, La Gacilly (à confirmer)
- Presse : Subaqua, Scuba People, Géo, Chasseur d’images
- Imprimeur Escourbiac (Graulhet, Tarn) — à confirmer ; maquettes via impression à la demande (Blurb, Cewe)
- John Briens (n°5) et les photographes animaliers du podcast (→ à mapper)
Au fil de l’épisode
- 00:01:19 — Le passé de pharmacien
- 00:02:36 — L’Afrique : Cotonou, Douala, la brousse
- 00:04:23 — Les premières photos et la chute libre
- 00:06:05 — « Je fais du reportage »
- 00:07:03 — Les affûts flottants de la Dombes
- 00:13:10 — Le héron pourpré et le matériel
- 00:15:23 — La photo sous-marine et les grands animaux
- 00:21:49 — Les baleines chanteuses des Tonga
- 00:25:35 — La danse avec un éléphant de mer
- 00:33:17 — Le livre « Les chevaux du vent »
- 00:38:45 — Le boîtier posé au ras des sabots
- 00:44:33 — L’aventure de l’autoédition
- 00:51:25 — La préface de Béranger Aubanel
FAQ
Qui est James Chevreuil ?
Un photographe de nature français installé à Marseille, ancien pharmacien de carrière en Afrique centrale. À la retraite, il se consacre à la photographie animalière, sur terre comme sous l’eau, et signe le livre « Les chevaux du vent ».
De quoi parle le livre « Les chevaux du vent » ?
Des chevaux de Camargue (la race Camargue), photographiés au galop sur les plages et dans les marais au fil des manades. Un ouvrage de 96 pages, fruit de cinq ans et d’une cinquantaine de séances.
Comment photographie-t-il les animaux ?
En « reportage », sans mise en scène : il guette le bon moment et le bon angle. Sur terre, il utilise des affûts flottants et de longs téléobjectifs ; sous l’eau, un grand angle au plus près des animaux.
Où se procurer « Les chevaux du vent » ?
Le livre est autoédité en tirage limité ; il se commande directement auprès de l’auteur (coordonnées dans les notes de l’épisode) et lors de festivals photo comme Montier-en-Der.