Laurent Ballesta, sublimer les océans, de l’Antarctique à la Méditerranée
Biographie de Laurent Ballesta
Laurent Ballesta est un photographe et biologiste naturaliste français, considéré comme l’un des plus grands spécialistes mondiaux de l’image sous-marine. Originaire de la région de Montpellier, il mène depuis des décennies des expéditions (les Gombessa) pour explorer et documenter les océans, des glaces de l’Antarctique aux profondeurs de la Méditerranée. Son travail, à la croisée de l’art, de la science et de l’exploration, fait l’objet de livres, de films et d’expositions internationales, et fait de lui un ambassadeur reconnu de la cause des océans.
Une exposition, trois océans
Ce nouvel épisode — le tout premier sous l’identité Photo Storia — s’ouvre au Musée de la photographie Charles Nègre de Nice, autour de l’exposition « Mers et Mystères » consacrée à Laurent Ballesta. Conçue en écho à la Conférence des Nations unies sur les océans accueillie par la ville et à la Biennale des arts, elle est commentée par le directeur du musée, Stéphane Tallon, ponctuée d’extraits de la visite de presse. Biologiste naturaliste de formation, Ballesta « coche toutes les cases » : un esthétisme puissant, une démarche scientifique rigoureuse, un souffle d’explorateur et une véritable émotion. Le commissariat de l’exposition est assuré par son épouse, Caroline Ballesta, qui organise ses expositions dans le monde entier.
Des glaces de l’Antarctique aux requins de Polynésie
Le parcours débute sur le continent blanc. En Terre Adélie, en 2015, invité par le réalisateur Luc Jacquet aux côtés de Vincent Munier, Ballesta photographie les manchots sous l’eau et découvre, sous la banquise, des écosystèmes « psychédéliques » — dont naîtra l’image emblématique « Le plafond de glace », aux couleurs réelles, sans retouche. Des plongées de plusieurs heures dans une eau à moins un degré huit, qui lui laisseront des séquelles. Puis vient la Polynésie et « 700 requins dans la nuit » : cinq années à l’atoll de Fakarava pour saisir le rassemblement de dix-huit mille mérous et les hordes de requins qui viennent les dévorer — jusqu’à une plongée de vingt-quatre heures d’affilée. Une prouesse autant qu’un défi technique : à douze mille ISO, il dose un éclairage « très délicat » pour préserver les lueurs bleutées de la lune.
La Méditerranée d’à côté, et l’esprit d’exploration
Le troisième volet le ramène à la Méditerranée et à son livre « Planète Méditerranée », né d’une expérience inouïe : la plongée à saturation, empruntée à l’industrie pétrolière, qui lui a permis de rester vingt-huit jours en pression et de passer autant de temps par cent mètres de fond qu’en dix ans de carrière. Il en tire une conviction : le mystère et la beauté sont tout près de nous. La preuve avec ce fascinant « poisson-bœuf » photographié par vingt mètres de fond devant le Negresco, ou ces plongées nocturnes le long de la promenade des Anglais, où remontent des poissons-sabres venus de neuf cents mètres. Sa philosophie, il la dit sans détour : d’abord le plaisir d’y être, puis l’exploration authentique et le sentiment de montrer du nouveau — et de « montrer les choses tant qu’elles sont encore là ».
Liens
Pour suivre Laurent Ballesta :
À écouter aussi sur Photo Storia :
- Stéphane Tallon, directeur du Musée de la photographie de Nice (épisode n°38)
- James Chevreuil, photographie aquatique (épisode n°26)
- Alison Bounce, univers sous-marin (épisode n°43)
- Philippe Bolle, Antarctique et Svalbard (épisode n°35)
- David Rouge, Grand Nord (épisode n°40)
- Adrien Lesaffre, nature et pôles (épisode n°36)
Les références de l’épisode
- Exposition « Mers et Mystères » (Musée de la photographie Charles Nègre, Nice ; commissariat Caroline Ballesta ; en écho à la Conférence des Nations unies sur les océans et à la Biennale des arts)
- Expéditions Gombessa ; livre « Planète Méditerranée » (plongée à saturation, 28 jours)
- « 700 requins dans la nuit » (atoll de Fakarava, Tuamotu ; film) ; « Le Mystère Mérou » (film) ; « Mers Adélie » / Antarctique (avec Luc Jacquet et Vincent Munier, 2015)
- Image emblématique « Le plafond de glace » (affiche de l’exposition)
- Base Dumont d’Urville (Terre Adélie) ; plongée de 24 h ; plongée à saturation ; 12 000 ISO
- Naturaliste / biologiste ; ambassadeur de la cause des océans
- Stéphane Tallon (directeur du musée, interviewé) ; Vincent Munier (partenaire) ; Yannis Papastamatiou (spécialiste des requins)
- Premier épisode sous l’identité « Photo Storia » ; produit par Audio Pictura
Au fil de l’épisode
- 00:03:20 — « Mers et Mystères » au musée de Nice
- 00:04:15 — La Conférence des Nations unies sur les océans
- 00:05:35 — Pourquoi Laurent Ballesta
- 00:09:31 — L’Antarctique, un continent de contrastes
- 00:11:39 — Avec Luc Jacquet et Vincent Munier en Terre Adélie
- 00:22:32 — « 700 requins dans la nuit » en Polynésie
- 00:24:59 — La plongée de vingt-quatre heures
- 00:28:08 — La technique : 12 000 ISO et l’éclairage
- 00:47:30 — La Méditerranée et la plongée à saturation
- 00:56:21 — Le « poisson-bœuf » devant le Negresco
- 01:00:24 — La révolution du numérique
- 01:06:02 — Exploration, transmission et éveil des consciences
FAQ
Qui est Laurent Ballesta ?
Un photographe et biologiste naturaliste français, l’un des plus grands spécialistes mondiaux de l’image sous-marine. Il mène des expéditions (les Gombessa) qui allient art, science et exploration, et défend la cause des océans.
Qu’est-ce que l’exposition « Mers et Mystères » ?
Une exposition de ses photographies au Musée de la photographie Charles Nègre de Nice, organisée en écho à la Conférence des Nations unies sur les océans. Elle explore trois univers : l’Antarctique, la Polynésie et la Méditerranée.
Qu’est-ce que « 700 requins dans la nuit » ?
Un projet mené cinq ans à l’atoll de Fakarava, en Polynésie, autour du rassemblement de milliers de mérous et des hordes de requins qui les chassent la nuit. Il a donné lieu à un film et à une plongée de vingt-quatre heures.
Ses images sont-elles retouchées ?
Non : les couleurs ne sont pas modifiées. Ballesta travaille la lumière in situ, avec un éclairage naturel et un apport artificiel dosé, pour rester le plus fidèle possible à la réalité des fonds.