Yves Vallier, photographe animalier, des Falkland aux Galápagos
Biographie de Yves Vallier
Yves Vallier est photographe animalier et de nature depuis 1971. Après des débuts dans les marais de la Brenne, il découvre la faune libre aux îles Shetland, puis entreprend en 1976 le premier de ses dix voyages aux îles Falkland (Malouines). Passionné par les oiseaux — rapaces, manchots, albatros — comme par les mammifères marins, il s’est aussi mis à la plongée sous-marine pour documenter la faune océanique. Il a auto-édité deux beaux livres, « Falkland » et « Galápagos », conçus comme des carnets de voyage. Il vit en Provence, près de Toulon.
Chez lui, dans les vignes près de Toulon, on l’écoute d’abord raconter ses débuts. En 1971, dans les marais de la Brenne, au sud de Châteauroux, Yves Vallier fait de l’affût — hérons, busards, rapaces qu’il va débusquer en grimpant aux arbres. Quelques années plus tard, en 1975, il découvre les îles Shetland, au nord de l’Écosse, avec son ami Georges Dif : fous de Bassan, macareux, toute une faune libre qui le saisit. C’est là que naît l’appel du grand large.
Le récit de son premier grand voyage tient du roman. Pour s’offrir les îles Falkland, il travaille onze semaines comme manœuvre sur une plateforme pétrolière, dimanche compris. En 1976, il rejoint Buenos Aires en quarante-huit heures d’avion, découvre à 2 500 kilomètres de là qu’il lui faut un passeport spécial, remonte le faire, redescend, et se retrouve enfin déposé par un hydravion sur une presqu’île où il campe une semaine, seul, entre manchots, lions de mer et éléphants de mer, se nourrissant à peine de cornflakes. Il y retournera dix fois.
Sa philosophie, il l’a apprise sur le terrain : ne jamais toucher, ne jamais nourrir, rester en retrait. S’asseoir au bord d’une colonie de manchots et attendre qu’ils reviennent, curieux, vous picorer les chaussures. Passer des heures à observer un albatros qui vole « par plaisir » le long des falaises, ou la première rencontre entre une femelle éléphant de mer et son petit. Il raconte aussi les dangers inattendus : le caracara, rapace intelligent qui fouille les sacs, ou le labbe antarctique qui l’a attaqué en plongées répétées, l’obligeant à se protéger la tête avec son sac photo.
En cinquante ans, il a vu ces territoires changer. Aux Falkland, la guerre des Malouines de 1982 a laissé trois mille soldats là où vivaient dix personnes ; routes, constructions, voitures ont suivi. La faune, elle, oscille : la colonie de manchots royaux qu’il avait connue à cinquante individus en compte aujourd’hui plus de deux mille cinq cents, mais d’autres espèces souffrent de la surpêche et des recherches pétrolières. Un regard de témoin, sur le temps long, que peu de photographes peuvent porter.
Ces images, il les a réunies dans deux livres pensés comme des carnets de voyage plutôt que des ouvrages scientifiques : des textes de ressenti, sentimentaux, au plus près de ce qu’il a vécu. « Falkland » d’abord, puis « Galápagos », pour lequel il s’est mis à la plongée sous-marine afin de montrer aussi la faune de l’océan. Toujours au téléobjectif 500 mm quand il le faut, toujours prêt à s’approcher tout doucement — et à repartir sans laisser de trace.
Liens
Pour suivre Yves Vallier :
À écouter aussi sur Photo Storia :
Les références de l’épisode
- Livres « Falkland » et « Galápagos » (auto-édités) · Marais de la Brenne (débuts, 1971) · Îles Shetland (1975, avec Georges Dif) · Îles Falkland / Malouines (première expédition en 1976, dix retours) · Galápagos (photographie sous-marine) · Faune : manchots royaux et papous, albatros à sourcils noirs, caracara, labbe antarctique, éléphants de mer, macareux · Guerre des Malouines (1982) · Téléobjectif 500 mm · Provence, près de Toulon
Au fil de l’épisode
- 00:01:12 — La découverte de la faune aux îles Shetland
- 00:02:06 — Travailler dans le pétrole pour financer ses voyages
- 00:02:56 — Le grand voyage de 1976 et l’aventure à Buenos Aires
- 00:06:39 — Les débuts en photo à Nantes : situer l’animal dans son milieu
- 00:09:02 — Les Falkland, premier voyage : respecter les animaux
- 00:10:30 — Approcher sans effrayer, la grande liberté
- 00:11:59 — Le conflit des Malouines et ses effets
- 00:14:30 — L’évolution de la faune après le conflit
- 00:16:20 — Le livre pensé comme un carnet de voyage
- 00:18:18 — Le caracara, curieux et parfois agressif
- 00:20:21 — Le labbe qui attaque les macareux
- 00:23:12 — L’albatros et la tendresse animale
- 00:25:00 — L’albatros qui vole par plaisir
- 00:25:54 — L’éléphant de mer et son petit
- 00:27:35 — Les combats d’éléphants de mer
- 00:31:00 — L’atterrissage des manchots papous
- 00:33:21 — Une scène de prédation en direct
- 00:34:24 — Le dernier voyage aux Falkland
- 00:36:10 — Les Galapagos : approcher des animaux sans peur
- 00:36:44 — Comment il est allé aux Galapagos
- 00:38:08 — Huit photographes, un voyage purement photographique
- 00:39:06 — Le hibou des marais et la théorie de Darwin
- 00:40:26 — Le dauphin qui saute
- 00:42:22 — La naissance des tortues de mer
- 00:43:25 — La tortue terrestre géante des Galapagos
- 00:45:31 — Comment les espèces sont arrivées sur les îles
- 00:47:17 — La mer, principale valeur de l’écosystème
- 00:48:21 — La plongée et les poissons
- 00:52:30 — Le fou à pieds bleus et sa danse nuptiale
- 00:55:24 — Les frégates et la parade nuptiale
- 00:56:17 — Les otaries joueuses
- 00:57:14 — Le poids du matériel sous-marin
- 01:00:39 — Le cormoran aptère qui ne vole plus
- 01:06:51 — Le requin-marteau, face à face
- 01:09:29 — Deux beaux livres, une même présentation
- 01:10:52 — La distribution en librairie
- 01:12:47 — L’impression du livre et le respect des délais
- 01:15:33 — Un livre en appelle un autre
- 01:16:12 — L’écriture, plus dure que l’image
- 01:18:32 — Lecture : la journée du photographe animalier
- 01:19:46 — L’affût, dix à douze heures d’attente
- 01:22:32 — Le mot de la fin
FAQ
Qui est Yves Vallier ? Un photographe animalier et de nature actif depuis 1971, spécialiste des grandes régions sauvages, des îles Falkland aux Galápagos.
De quoi parlent ses livres ? « Falkland » et « Galápagos », deux beaux livres auto-édités conçus comme des carnets de voyage, mêlant photographies de faune et textes de ressenti.
Comment approche-t-il les animaux sauvages ? Avec une règle simple, apprise sur le terrain : ne jamais toucher ni nourrir, rester en retrait, s’approcher très lentement et laisser l’animal venir.
A-t-il vu ces milieux évoluer ? Oui : en un demi-siècle et dix voyages aux Falkland, il a observé les effets de la guerre des Malouines, du tourisme, mais aussi de la surpêche et des recherches pétrolières sur la faune.