François Sidot, photographe de l’Antarctique, 120 degrés autour du continent blanc
Biographie de François Sidot
François Sidot est photographe nature, ancien ingénieur Arts et Métiers ayant travaillé dans l’imagerie médicale. Originaire de Lorraine, voyageur et photographe depuis ses 17 ans, il a longtemps travaillé en diapositive avant de passer au numérique. Passionné de faune, membre d’un club ayant remporté la Coupe de France de photo nature en 2021, il pratique aussi la vidéo et la plongée sous-marine. Il a auto-édité « Antarctica 120° », un livre bilingue né d’une expédition d’un mois en Antarctique, de la mer de Ross à la péninsule Antarctique.
Tout commence à dix-sept ans, dans un village lorrain encaissé entre les forêts, à l’est de Metz. Un premier voyage en Norvège, sac au dos, et l’apprentissage du noir et blanc à la MJC du coin : François Sidot tient déjà les deux fils de sa vie. Ingénieur Arts et Métiers, il choisit un métier d’acheteur dans l’imagerie médicale, chez Thomson, justement parce qu’il permet de voyager. Entre deux missions, il enchaîne les départs : deux mois à Madagascar pour un reportage, deux années de coopération comme enseignant en Côte d’Ivoire, un retour par la route à travers le Sahara et le Ténéré.
Toutes ces images, il les a d’abord faites en diapositive, avant de passer au numérique au milieu des années 2000 et de numériser peu à peu ses archives — ces caisses de diapos qui vieillissent et prennent la poussière. Resté fidèle à la nature, il photographie aujourd’hui surtout la faune, au téléobjectif, jusqu’au 800 mm, et fait partie d’un club lorrain qui a remporté la Coupe de France de photo nature en 2021. Une terre de photographes animaliers, rappelle-t-il, celle de Vincent Munier.
Sa curiosité le pousse aussi vers de nouvelles formes : un tour de France de deux mille neuf cents kilomètres à vélo solaire, en autonomie, photographié au smartphone faute de place pour son matériel ; la vidéo, adoptée avec l’arrivée de la 4K ; la plongée et la photo sous-marine. Autant de détours qui disent la même chose : l’envie, toujours, de découvrir une région, une lumière, un geste nouveau.
Le grand voyage, c’est l’Antarctique. Une histoire de hasard, presque : un projet de photographie de cachalots à l’île Maurice annulé à la dernière minute, une place qui se libère sur un bateau d’expédition partant vers le sud, des tarifs de dernière minute. Fort de son expérience de l’Arctique l’année précédente — le Svalbard, les ours, la gestion du matériel dans le froid —, il embarque depuis la Nouvelle-Zélande, descend quatre mille kilomètres plein sud jusqu’à la mer de Ross, longe les côtes en zodiac, visite des stations scientifiques désertées par l’hiver, et remonte jusqu’à la péninsule Antarctique, du côté d’Ushuaïa.
Ce périple donne son titre au livre : « Antarctica 120° », parce qu’il a contourné cent vingt degrés du continent — un tiers d’un tour complet. Bilingue français-anglais pour toucher le plus grand nombre, volontairement dépouillé — pas de numéros de page, l’image d’abord —, il rassemble paysages aux lumières improbables et animaux adaptés à l’extrême. Sous la beauté, une inquiétude affleure : celle d’un homme qui, ayant vu la banquise reculer, n’oublie pas le réchauffement en cours.
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Les références de l’épisode
- Livre « Antarctica 120° » (auto-édité, bilingue français-anglais, 160 pages, 105 photographies) · Expédition en Antarctique (de la mer de Ross à la péninsule Antarctique, départ de Nouvelle-Zélande) · Stations scientifiques : Dumont d’Urville (France), McMurdo (États-Unis) · Arctique / Svalbard (Spitzberg) · Tour de France à vélo solaire (2 900 km) · Photographie nature et animalière, Coupe de France FPF 2021 · Plongée et photo sous-marine · Ancien ingénieur Arts et Métiers, imagerie médicale (Thomson) · Coopération en Côte d’Ivoire · Vincent Munier (cité, photographe lorrain) · Festival Voyage de Maxéville (Denis Aubry)
Au fil de l’épisode
- 00:00:49 — Une carrière dans l’industrie et l’imagerie médicale
- 00:01:39 — Le virus du voyage attrapé à dix-sept ans
- 00:03:38 — Les débuts en photo : la nature, dès l’enfance en Lorraine
- 00:04:32 — Vincent Munier et le club photo
- 00:05:29 — Le labo couleur et l’argentique
- 00:06:53 — Deux mois de reportage à Madagascar
- 00:07:52 — La coopération en Côte d’Ivoire
- 00:10:25 — Des archives « de dingue » en diapositives
- 00:11:18 — Numériser ses diapos
- 00:11:58 — Le tour de France à vélo solaire (2020)
- 00:14:10 — Un VTT électrifié et sa remorque à panneaux solaires
- 00:15:50 — Voyager léger, sans tout son matériel photo
- 00:16:58 — Le smartphone contre le reflex : ce qui manque
- 00:18:21 — Le passage aux boîtiers Sony hybrides
- 00:19:37 — Les longues focales pour la nature
- 00:22:16 — Le livre « Antarctica 120° », bilingue
- 00:23:02 — Ce que veut dire « 120 degrés » : la mer de Ross
- 00:23:32 — Un bateau d’expédition, plein sud
- 00:26:37 — D’abord l’Arctique, au Svalbard
- 00:27:57 — La plongée sous-marine et le choix de l’Antarctique
- 00:32:14 — Partir en fin d’été austral
- 00:33:27 — La rencontre avec les animaux, sans les déranger
- 00:35:06 — Les manchots qui le fascinent
- 00:35:39 — Anecdotes : le froid et les batteries
- 00:37:58 — Les prises de vue depuis le zodiac
- 00:39:32 — Le tri de milliers d’images au retour
- 00:40:02 — Le choix de l’auto-édition
- 00:42:25 — Comment il a choisi son imprimeur
- 00:43:59 — Faire appel à un graphiste et à un correcteur
- 00:45:15 — Récupérer et distribuer le livre (festivals, projections)
- 00:47:40 — Ses conseils pour se lancer en auto-édition
- 00:50:21 — Combien de tirages : la question clé
- 00:53:29 — Le vélo solaire et l’engagement écologique
- 00:54:41 — Le mot de la fin
FAQ
Qui est François Sidot ? Un photographe nature lorrain, ancien ingénieur Arts et Métiers, voyageur et photographe depuis ses 17 ans, spécialisé dans la faune et le paysage.
De quoi parle son livre « Antarctica 120° » ? D’une expédition d’un mois en Antarctique, de la mer de Ross à la péninsule Antarctique. Le titre vient des cent vingt degrés de continent qu’il a contournés en bateau.
Pourquoi le livre est-il bilingue ? Parce que François Sidot a voulu qu’il puisse être lu par le plus grand nombre : il est publié en français et en anglais.
Quel matériel utilise-t-il ? Du moyen format (Pentax) et du 24×36 (Sony, Canon) pour ses expéditions, jusqu’au 800 mm pour la faune ; et parfois seulement un smartphone, comme lors de son tour de France à vélo solaire.