Caroline Bardin, la montagne à l’instinct, au pays du Mont-Blanc
Biographie de Caroline Bardin
Caroline Bardin est une photographe française originaire de Marseille. Ancienne journaliste devenue photographe de paysage, elle a vécu cinq ans dans la vallée de Chamonix, où elle a développé une pratique instinctive de la photographie de montagne, sans trépied, attentive aux lumières et aux atmosphères. Elle signe son premier livre, « Lumière sauvage au pays du Mont-Blanc », un ouvrage autofinancé rassemblant ses paysages du massif. Installée aujourd’hui dans la région de Nice, elle poursuit sa démarche entre projets d’exposition et envie d’aller plus loin dans la photographie.
Mille métiers, un appareil depuis toujours
Avant la photographie, il y a eu mille vies. Journaliste à ses débuts — un métier qu’elle n’exerce plus depuis plus de vingt ans —, Caroline Bardin a ensuite été fleuriste, chargée de communication, vendeuse de sandwichs sur les pistes, employée d’une boutique à 4 000 mètres d’altitude. La photo, elle, ne l’a jamais quittée : fille de professeurs d’arts plastiques, elle a appuyé sur le déclencheur pour la première fois à cinq ans, avec l’appareil de son père. Longtemps par intermittence — jusqu’au jour où elle quitte Marseille pour Chamonix, une région où elle se sent « bien plus chez elle », au plus près de la nature et du côté grandiose des montagnes.
La montagne à l’instinct
Dans la vallée de Chamonix, dit-elle, « il suffit de lever les yeux » : mille photos à faire chaque jour. Pendant cinq ans, elle garde son appareil sur elle en permanence, jusque sur son lieu de travail, et photographie en marchant, le nez en l’air. Pas de trépied, pas de longue attente : elle saisit la lumière quand elle la voit, à l’instinct. Certaines de ses images les plus impressionnantes ont été prises depuis son jardin, à mille ou mille cinq cents mètres, là où le public imagine des trois mille. D’autres, plus haut, sur les glaciers. Son goût : les lumières rasantes, les ciels chargés, les atmosphères météorologiques fortes, loin des grands ciels bleus.
Un premier livre en forme d’aboutissement à l’envers
Au départ, elle ne voulait qu’un album personnel — rassembler les photos qui lui font du bien. Puis un article de Réponse Photo, où une photographe racontait comment elle avait autofinancé ses livres, lui donne le mode d’emploi. Elle lance une campagne de financement participatif sur Ulule, choisit une impression à la demande chez Blurb sur les conseils de son ami photographe Richard Lopez, et compose un ouvrage de 74 pages — comme le département de la Haute-Savoie. L’editing ? Un tri instinctif dans quinze mille images qu’elle connaissait par cœur, ramenées à une sélection, puis montées au fil de la maquette. Ancienne journaliste, elle y ajoute de courts textes sur ses émotions du moment. Elle en sourit : elle fait tout à l’envers, un livre avant la moindre expo, elle qui avait même du mal à se dire « photographe ». Installée depuis peu du côté de Nice, avec un projet d’exposition à Grenoble, elle n’ose pas encore rêver d’en vivre — mais l’aventure, dit-elle, lui ouvre « tout un champ de possibles ».
Liens
Pour suivre Caroline Bardin :
À écouter aussi sur Photo Storia :
Les références de l’épisode
- Livre « Lumière sauvage au pays du Mont-Blanc » (premier livre, autoédité)
- Ulule (financement participatif) ; Blurb (impression à la demande)
- Vallée de Chamonix, massif du Mont-Blanc, Haute-Savoie (74)
- Magazine Réponse Photo (déclic éditorial)
- Richard Lopez (photographe, ami, conseil pour l’impression)
- Johann Hasse, « Dolomites, sommet en lumière » (photographe de montagne cité — → à mapper)
- Projet d’exposition à Grenoble
- Drone (prises de vues aériennes)
Au fil de l’épisode
- 00:01:09 — Mille métiers avant la photographie
- 00:02:11 — De Marseille à Chamonix
- 00:03:20 — La photo depuis l’âge de cinq ans
- 00:04:05 — Ses appareils, y compris le téléphone
- 00:05:37 — La genèse du livre
- 00:06:34 — De Réponse Photo à la campagne Ulule
- 00:11:33 — Le choix de Blurb, sur les conseils d’un ami
- 00:14:09 — Avoir du mal à se dire « photographe »
- 00:16:11 — L’editing : trier quinze mille images
- 00:17:51 — Photographier à l’instinct, sans trépied
- 00:19:38 — Habiter la montagne plutôt qu’attendre la lumière
- 00:21:41 — Installée près de Nice, et la suite
FAQ
Qui est Caroline Bardin ?
Une photographe française, ancienne journaliste, originaire de Marseille. Elle a vécu cinq ans dans la vallée de Chamonix, où elle a développé une photographie de montagne instinctive, et signe son premier livre, « Lumière sauvage au pays du Mont-Blanc ».
Quel est son style photographique ?
Une photographie de paysage de montagne prise à l’instinct, sans trépied ni longue attente, tournée vers les lumières rasantes et les atmosphères météorologiques. Elle photographie aussi bien depuis les sommets que depuis son propre jardin.
Comment son livre a-t-il été fabriqué ?
En autofinancement : une campagne de financement participatif sur Ulule et une impression à la demande chez Blurb, pour un petit tirage de 74 pages.
Est-elle photographe professionnelle ?
Elle s’en défend : jusqu’à ce livre, elle n’avait jamais vendu de shooting ni exposé. Sa démarche est celle d’une passionnée, même si elle aimerait un jour pouvoir vivre de la photographie.