Apsatou Bagaya, de retour au pays, un regard de femme sur le Niger
Biographie d’Apsatou Bagaya
Apsatou Bagaya est une photographe nigérienne, née au Niger et ayant grandi au Bénin et au Togo. Comptable de formation, elle se tourne vers la photographie et ouvre en 2006 un studio à Cotonou. Sa rencontre avec le photographe Jean-Dominique Burton, lors d’un atelier à la Fondation Zinsou en 2012, l’oriente vers la photographie d’auteur. De retour au Niger en 2013, elle développe un travail personnel sur son pays et la condition des femmes (séries « Totem », sur les Wahaya…), expose régulièrement au Centre culturel de Niamey et collabore avec de nombreuses ONG.
De la comptabilité à la photographie, entre Cotonou et Niamey
Née au Niger, Apsatou Bagaya quitte le pays vers huit ans pour suivre sa grande sœur qui l’élève, au Bénin puis au Togo. Comme beaucoup, elle suit d’abord la voie que ses parents ont tracée : la comptabilité. Mais elle s’y ennuie, démissionne, jusqu’à un poste polyvalent dans une association audiovisuelle béninoise qui lui révèle l’image. Elle se forme alors dans un centre de photographie et, en 2006, ouvre son propre studio, « Hapsatou Photos », face à l’aéroport de Cotonou, dans un parc d’attractions pour enfants. Partie littéralement de rien — sans matériel, avec pour seul atout sa conviction —, elle bâtit peu à peu une véritable entreprise, jusqu’à employer une dizaine de personnes.
Le déclic de la photographie d’auteur et le retour au pays
En 2012, un atelier à la Fondation Zinsou change tout : elle y rencontre le photographe belge Jean-Dominique Burton, qui lui fait découvrir qu’une image peut raconter une histoire, et l’emmène exposer aux grandes biennales de Bamako et de Dakar. Surtout, il lui donne un conseil qu’elle n’oubliera pas : « Si tu veux trouver l’inspiration, rentre chez toi ; c’est avec ton peuple qu’est ton attachement. » En 2013, elle regagne le Niger, se marie, met un temps la photographie de côté, puis la reprend de plus belle à partir de 2015. Ce retour est aussi une réconciliation : après vingt ans loin des siens, elle renoue avec sa famille et retrouve, dit-elle, une sensibilité qui lui manquait.
Un regard de femme sur le Niger
Dès lors, Apsatou Bagaya développe une photographie d’auteur ancrée dans son pays. Sa série « Totem », portraits de dos de jeunes femmes voilées à l’université, est exposée à la biennale de Bamako. Elle consacre un autre travail, primé en 2019, aux Wahaya, ces femmes réduites en servitude. Sollicitée par de nombreuses ONG, elle expose régulièrement au Centre culturel de Niamey — vitrine des artistes du pays. Elle ne cache pas la difficulté d’être photographe, et femme, dans un contexte où le métier peine encore à être reconnu comme un art. Mais elle s’impose, par le concret et la constance. Son rêve désormais : un premier livre, dont elle tient déjà le titre — « Regard sur Niamey ».
Liens
Pour suivre Apsatou Bagaya :
À écouter aussi sur Photo Storia :
- Robert Nzaou (épisode n°8)
- John Kalapo (épisode n°22)
- Yanick Folly (épisode n°24)
- Maurice Ascani (épisode n°27)
Les références de l’épisode
- Studio « Hapsatou Photos » (Cotonou, dès 2006 ; puis studio à Niamey)
- Série « Totem » (jeunes femmes voilées, exposée à la biennale de Bamako)
- Série sur les Wahaya (femmes en servitude ; 2e prix, 2019)
- « Regard sur ma cité » (avec Nora Zaher)
- Exposition « Regard sur Niamey » (Centre culturel franco-nigérien Jean-Rouch, Niamey)
- Atelier Fondation Zinsou (Bénin, 2012) ; Jean-Dominique Burton (photographe belge, mentor)
- Rencontres de Bamako (biennale africaine de la photographie) ; biennale de Dakar
- ONG : GIZ, Concern
- Projet de livre « Regard sur Niamey »
- Raymond Cassaigne (ami, soutien des débuts)
- Cluster Afrique du podcast : Maurice Ascani (n°27, Niamey), John Kalapo (n°22, Mali), Yanick Folly (n°24, Bénin), Robert Nzaou (n°8) — → à mapper
Au fil de l’épisode
- 00:01:37 — Les débuts et le studio pour enfants
- 00:02:17 — L’atelier Zinsou et Jean-Dominique Burton
- 00:03:26 — « Rentre chez toi pour trouver l’inspiration »
- 00:04:38 — La série « Totem », les femmes voilées
- 00:05:41 — La série sur les Wahaya
- 00:08:32 — De la comptabilité à la photographie
- 00:10:47 — Ouvrir un studio à partir de rien
- 00:17:40 — Ses clients et les ONG au Niger
- 00:19:42 — La place de la photo au Niger
- 00:22:16 — Être photographe, et femme
- 00:29:41 — Le projet de livre « Regard sur Niamey »
FAQ
Qui est Apsatou Bagaya ?
Une photographe nigérienne, née au Niger et ayant grandi au Bénin. Comptable de formation, elle est devenue photographe de studio à Cotonou, puis photographe d’auteur après son retour au Niger.
Comment est-elle venue à la photographie d’auteur ?
Grâce à un atelier à la Fondation Zinsou en 2012 et à sa rencontre avec le photographe Jean-Dominique Burton, qui lui a fait découvrir qu’une image peut raconter une histoire et l’a conseillée de rentrer photographier son pays.
Quels sont ses sujets ?
Le Niger et la condition des femmes : sa série « Totem » sur les jeunes femmes voilées, son travail primé sur les Wahaya (femmes en servitude), ou encore son regard sur la ville de Niamey.
A-t-elle publié un livre ?
Pas encore : elle rêve d’un premier ouvrage, dont elle a déjà le titre, « Regard sur Niamey ».