Portrait de Loïc Casanova, artiste photographe montpelliérain, invité du podcast Photo Storia
Yegan Mazandarani, photographe franco-iranien du reportage documentaire à l'argentique, invité du podcast Photo Storia
Joan Haas, photographe de montagne, auteur du livre « Dolomiti — Sommets en lumière » sur les Dolomites
William Lambelet, photographe de mariage et documentariste, auteur du livre « Sept » sur les mariages indiens
Florent Tallarico, auteur photographe et réserviste, auteur du livre « Réservistes »
James Chevreuil, photographe de nature, auteur du livre « Les chevaux du vent »
Sébastien Roignant, photographe et formateur, spécialiste du nu en paysage
Adrien Lesaffre, photographe animalier, sur les traces du loup d'Abyssinie
David Rouge, photographe animalier et aventurier, dans le Grand Nord
Portrait de Maxime Aliaga, photographe naturaliste français spécialiste des orangs-outans de Sumatra, invité du podcast Photo Storia
Denis Aubry, auteur photographe lorrain, photographe voyageur et naturaliste, invité du podcast Photo Storia
Fred Marie, photojournaliste de la défense, co-auteur du livre « Paras » sur les parachutistes français
François Sidot, photographe nature, auteur du livre « Antarctica 120° » sur l'Antarctique
John Kalapo, artiste photographe malien, auteur du livre « Tout le monde »
Maurice Ascani, photographe français installé au Niger
Olivier Hannauer, photographe de Strasbourg, dans sa galerie de la Petite France
Sylvie Bouaidi Levrat et Alice Guibert Joundi, autrices du livre « Essaouira Entr'acte »
La photographe aquatique Alison Bounce lors de l'enregistrement de son épisode du podcast Photo Storia
Portrait de Sylvain Sester, photographe voyageur alsacien, auteur de portraits d'enfants du monde, invité du podcast Photo Storia
Robert Nzaou, artiste photographe congolais de la rue à Pointe-Noire, invité du podcast Photo Storia
Lolo et John (Loïc Terrier et Jonathan Lux), photographes voyageurs, auteurs des livres « Inde » et « Nomade »
Gérard Bayssière, photographe impressionniste, auteur du livre « Itinérance » sur le Maroc
Marjolaine Vuarnesson, photographe plasticienne, autrice du livre « Apparitions »
Géraldine Aresteanu, photographe franco-roumaine de l'humain
Wody Yawo, photographe de mode togolais, dans son studio de Lomé
Stéphane Tallon, directeur du Musée de la Photographie Charles Nègre de Nice
José Nicolas, photojournaliste, ancien parachutiste devenu reporter de guerre
Portrait de Pierre Sage, photographe lyonnais de mise en scène et de charme, invité du podcast Photo Storia
Pascal Villeneuve, photographe et auteur du livre « Bangladesh, Defying the odds »
Yves Vallier, photographe animalier, auteur des livres « Falkland » et « Galápagos »
Philippe Pons, ancien cheminot et photographe voyageur, auteur du livre « 30 ans de voyage »
Yanick Folly, photojournaliste béninois et « chasseur d'images »
Alexandre Sattler, photographe voyageur, en reportage auprès des peuples du monde
Stéphane Scotto, photographe aérien du bassin d'Arcachon
Valentina Benigni, photographe de danse, autrice du livre « Flamenca »
Laurent Ballesta, photographe naturaliste sous-marin (exposition « Mers et Mystères »)
John Briens, conseiller chez l'imprimeur d'art Escourbiac, invité du podcast Photo Storia
François Claerhout, écrivain-voyageur et photographe, auteur chez Élytis éditions
Sophie Bourgeix, photographe portraitiste à Aix-en-Provence, autrice du livre « Des Masqués »
Eric Bouvet, photojournaliste, auteur du livre « Le Journal » retraçant quarante ans de photojournalisme
Caroline Bardin, photographe de paysage, dans la vallée de Chamonix
Apsatou Bagaya, photographe nigérienne, lors de son exposition à Niamey
Philippe Bolle, photographe animalier, face aux ours polaires du Svalbard
Jean-Raphaël Drahi, ancien photographe militaire, coauteur de « Légionnaire »
Portrait de Pierre Sage, photographe lyonnais de mise en scène et de charme, invité du podcast Photo Storia
Pierre SAGE

Pierre Sage n'est pas un photographe comme les autres. Ancien professeur de mathématiques devenu, à Lyon, metteur en scène de la séduction, il compose des images léchées et sensuelles où une quinzaine de personnes s'animent le temps d'une nuit, dans les plus beaux bars et restaurants de la ville.

Dans cet entretien, il raconte comment un jeu photographique intime, mené d'abord avec sa femme, est devenu une œuvre de mise en scène aboutie — son livre Night Call Lyon – Les Fleurs du Mâle — et ce que révèle, sous les projecteurs, ce théâtre du désir.

Pierre Sage, mises en scène de charme dans les nuits de Lyon

De prof de maths à metteur en scène du désir

Le parcours de Pierre Sage est atypique. Ancien professeur de mathématiques, il prend goût à la photographie à vingt ans, presque par hasard. Tout commence avec des appareils jetables, aux côtés de sa femme : des jeux entre eux, autour de l’érotisme et de la sensualité, des pellicules qu’on va faire développer au Carrefour du coin. « J’ai vraiment commencé comme ça », résume-t-il. D’abord la femme seule ; pour comprendre ce qu’il cherche, il va jusqu’à se faire photographier par d’autres, afin de saisir ce qu’eux n’arrivent pas à retranscrire de sa vision. Un jour, en plein shooting, un burn-out : il lui manque quelque chose. De là naît l’envie de travailler l’interaction entre hommes et femmes, un « tourbillon de rencontres », des chorégraphies de séduction qui deviendront sa signature.

La photographie, pour lui, n’est pas une fin en soi : « ça a vraiment été de retranscrire » une vision intérieure, presque une auto-thérapie. Il ne saurait dire d’où ça vient — « il faudrait peut-être que je fasse une psychanalyse » — mais il faut qu’il aille au bout de l’image qu’il a en tête.

Chef d’orchestre d’une nuit lyonnaise

Derrière chaque photo, un mois de travail : moodboard, storyboard, échanges avec les mannequins, le styliste, les maquilleurs. C’est le lieu et la scène qui définissent le casting. Le jour du shooting, on travaille de 7 h à 20 h, parfois à quinze — quatre mannequins hommes, une mannequin femme, plus toute l’équipe — avec cinq à quinze sources de lumière placées en amont. Tout est scénarisé, sauf l’essentiel : l’humain. « Je suis le chef d’orchestre qui va leur donner le tempo », dit-il, avant de les laisser interagir. Les ego s’expriment, la séduction opère, et lui ajuste : il déplace un mannequin selon son caractère, le pousse hors de son schéma. Il s’entoure même d’un « good viber », chargé de détendre l’équipe avant la prise de vue. Quant au « grain de sable », loin de tout casser, il « se transforme en machine encore plus puissante ».

Les lieux, eux, s’ouvrent par cercles : une première image réussie dans un bar d’exception crée la légitimité pour obtenir les clés des suivants. De fil en aiguille, Lyon devient son terrain de jeu nocturne.

Night Call Lyon, un livre né sur Ulule — et un détour par Pékin

Le déclic du livre remonte à 2018 : la sensation d’arriver au bout d’une série — treize établissements, une soixantaine de scènes, six ans de travail et près de quatre-vingts artistes. L’idée s’impose « d’une manière totalement décomplexée ». Il choisit l’auto-édition et le financement participatif sur Ulule, autant pour tester l’adhésion du public que pour sécuriser l’équilibre financier. Suivent trois à quatre mois intenses avec l’imprimeur — il se fait « reprendre comme un enfant, pas très sage d’ailleurs » — en menant de front fabrication et communication, ce fastidieux exercice de « parler de soi » qu’il déteste. Le titre, lui, fait un clin d’œil baudelairien : Les Fleurs du Mâle.

Le livre lui vaut des expositions à Arles, à Paris et jusqu’en Chine, où, repéré à Arles, il réalise un shooting de charme « complètement surréaliste » en plein Pékin — des images ensuite publiées dans des magazines étrangers. Au bout du compte, il retient une fierté simple : avoir réussi, « tous ensemble », à matérialiser en un objet ce qu’il portait en lui.

En hommage à Pierre Sage

Pierre Sage s’est éteint en février 2026. Cet entretien, enregistré en 2021, c’est sa voix, son univers et sa passion des nuits lyonnaises, intacts, tels qu’il nous les a confiés ce jour-là. Nous pensons à ses proches, et nous sommes heureux de garder ici une trace de l’artiste et de l’homme. Ses mises en scène continueront longtemps d’éclairer la nuit de Lyon.

Liens

Pour suivre Pierre Sage :

Les références de l’épisode

  • Night Call Lyon – Les Fleurs du Mâle, son premier livre (auto-édition)
  • Ulule, la plateforme de financement participatif du livre
  • Ses expositions à Arles, à Paris et en Chine (dont Pékin)
  • Le titre du livre, clin d’œil aux Fleurs du Mal de Baudelaire

Au fil de l’épisode

  • 00:00:16 — Présentation de Pierre Sage et de son livre
  • 00:00:40 — Qui es-tu ? Un parcours atypique
  • 00:01:53 — Les débuts : appareils jetables, avec sa femme
  • 00:04:29 — Comprendre sa vision en se faisant photographier
  • 00:05:14 — De la femme seule aux mises en scène à plusieurs
  • 00:05:50 — Un mois de préparation par shooting
  • 00:06:30 — Une journée type : de 7 h à 20 h
  • 00:08:36 — La part d’imprévu, diriger les mannequins
  • 00:11:36 — La première mise en scène marquante
  • 00:13:13 — Trouver les lieux, gagner la légitimité
  • 00:14:01 — Le déclic du livre (2018) et Ulule
  • 00:15:46 — Le « good viber », mettre l’équipe à l’aise
  • 00:19:44 — Le meilleur souvenir : être ensemble
  • 00:24:08 — Le « jeune loup » et la compétition entre mannequins
  • 00:28:16 — Le processus d’édition : 13 établissements, 60 scènes
  • 00:30:21 — Pourquoi l’auto-édition plutôt qu’un éditeur
  • 00:32:21 — Quatre mois intenses avec l’imprimeur
  • 00:33:30 — L’épreuve de « parler de soi »
  • 00:35:40 — Le burn-out après le livre et les expositions
  • 00:39:02 — Les expositions en Chine
  • 00:39:47 — Un shooting de charme surréaliste à Pékin
  • 00:47:12 — Un conseil pour se lancer dans l’auto-édition
  • 00:49:33 — Remerciements

FAQ

Qui est Pierre Sage ?

Pierre Sage est un photographe établi à Lyon, à Villeurbanne. Ancien professeur de mathématiques, il développe un univers de charme et de séduction fondé sur la mise en scène. Il est l’auteur du livre Night Call Lyon – Les Fleurs du Mâle, une série tournée dans les bars et restaurants de Lyon.

Quel type de photographie pratique Pierre Sage ?

Il pratique une photographie de mise en scène, de charme et de sensualité. Ses images, longuement préparées (moodboard, éclairages complexes, équipe d’une quinzaine de personnes), réunissent plusieurs mannequins dans des chorégraphies de séduction, au cœur de lieux nocturnes lyonnais.

Qu’est-ce que le livre Night Call Lyon – Les Fleurs du Mâle ?

C’est le premier livre de Pierre Sage, publié en auto-édition et financé sur la plateforme Ulule. Fruit de plusieurs années de travail dans treize établissements lyonnais, il rassemble ses mises en scène des « nuits fantasmées » de Lyon. Le titre est un clin d’œil aux Fleurs du Mal de Baudelaire.

Où le travail de Pierre Sage a-t-il été exposé ?

Sa série a été exposée à Arles et à Paris, ainsi qu’en Chine, notamment à Pékin. C’est à Arles qu’il est repéré par des organisateurs chinois, ce qui le conduit à exposer et à réaliser un shooting de charme en Chine.

Où voir le travail de Pierre Sage ?

Son travail est présenté sur son site officiel (pierre-sage.com) et sur le site dédié à sa série, Night Call Lyon (nightcall-lyon.fr), où l’on retrouve ses mises en scène et son livre.

Label